La maladie dAlzheimer, une maladie de la mémoire ?

avec Pascal Antoine, Veronika Duprat-Kushtanina, Michel Malherbe et Florence Pasquier
> modération: Paul-Loup Weil-Dubuc

La maladie d’Alzheimer est souvent perçue comme une maladie de la mémoire et, par là, de l’identité. Cela semble tenir du bon sens: les personnes atteintes de la maladie perdent irrémédiablement la mémoire, jusqu’à oublier leurs proches et, peut-être, qui ils sont. Or que suis-je lorsque « je » ne me désigne plus? La disparition de la mémoire équivaudrait-elle ainsi à la disparition du moi?

La séance visera précisément à déconstruire la simplicité apparente de ce raisonnement à travers de multiples questionnements: qu’en est-il de la nature même de la mémoire et de celle d’une personne atteinte par la maladie d’Alzheimer? L’identité tient-elle à la capacité à s’exprimer en son nom propre? Qu’en est-il, sinon de la conscience de soi, de la conscience et de la reconnaissance de notre existence par ceux qui nous entourent?

  • Pascal Antoine est professeur de psychopathologie à l’université de Lille, chercheur au Laboratoire de Sciences Cognitives et Sciences Affectives (SCALab) et membre du Laboratoire d’Excellence « Développement de stratégies innovantes pour une approche transdisciplinaire de la maladie d’Alzheimer » (LabEx DISTALZ).
  • Veronika Duprat-Kushtanina est docteure en sociologie et post-doctorante au Centre de Recherche « Individus, Épreuves, Sociétés » (CeRIES). Ses recherches portent sur le vécu de la maladie d’Alzheimer du point de vue des malades et de leurs proches.
  • Michel Malherbe est professeur émérite de philosophie anglaise à l’université de Nantes, membre du Centre Atlantique de Philosophie (CAPHI). Il a publié Alzheimer, la vie, la mort, la reconnaissance (Vrin, 2015).
  • Florence Pasquier est professeure de neurologie au CHRU de Lille, responsable du Centre mémoire de ressources et de recherche, membre du LabEx DISTALZ et coordonnatrice du Centre national de référence pour les patients jeunes atteints de la maladie d’Alzheimer.
  • Paul-Loup Weil-Dubuc est docteur en philosophie politique et chercheur en éthique à l’Espace régional de réflexion éthique Île-de-France. Ses travaux portent sur le droit de (ne pas) savoir, notamment dans le contexte de la maladie d’Alzheimer, sur les développements contemporains de l’autonomie et la justice sociale. Il est également membre du LabEx.

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