La couleur au cinéma : entre naturalisme et fantaisie, par Jessie Martin

La recherche et l’élaboration de procédés visant à rendre le cinéma en couleur n’ont pas seulement été guidés par l’ambition d’une représentation plus conforme à la réalité. Au fil de l’histoire, la couleur n’a eu de cesse d’osciller entre naturalisme et fantaisie. D’abord employée pour sa vertu spectaculaire, attractive, elle a progressivement eu pour fonction de créer des effets de réel. La course aux procédés de couleurs naturelles s’est ensuite inscrite dans une optique de vraisemblance chromatique visant un rendu naturel des couleurs. Mais, n’étant pas encore suffisamment fidèle à la réalité, la couleur s’est établie dans le champ de l’exotisme et du fantastique, dont elle ne se départira jamais vraiment. Puis, alors même qu’elle se naturalise, la couleur perdure sous une forme manifeste et expressive, et devient un instrument analytique et critique de représentation du réel dans sa complexité et sa densité.

Jessie Martin est maître de conférences en études cinématographiques à l’université Lille 3. Elle est l’auteur de Vertige de la description. L’analyse de films en question (Éditions Forum/ Aléas, 2011), Décrire le film de cinéma. Au départ de l’analyse (Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2011) et Le Cinéma en couleurs (Armand Colin, 2013). Ses recherches portent sur des problématiques de figuration et de composition ainsi que sur l’esthétique de la couleur au cinéma.

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