Biennale Handicap : Continuer la scolarisation des jeunes avec troubles importants des fonctions cognitives après 18 ans

Comment, à l’université, soutenir d’avantage l’accompagnement des étudiants en situation de handicap avec syndrome d’Asperger ou déficience intellectuelle ? Quel est l’état des besoins actuels ? Quelles formes d’accompagnement faudrait-il privilégier ? Faut-il créer une ULIS d’université ?

En principe, chaque jeune peut demander à la MDPH un aménagement de son parcours scolaire (BO n° 8 du 19 février 2015) et des aides en conséquences, y compris humaines. En réalité, le nombre d’étudiants en situation de handicap atteint à peine 0,4% de l’ensemble de la population étudiante et dispose de relativement peu d’aide.

Pour les jeunes avec syndrome d’Asperger, les politiques éducatives souhaitent renforcer l’exercice du droit à la scolarisation des élèves avec autisme (cf 3ème plan autisme, 2013-2107) et veulent faire porter l’effort, entre autres, sur: l’accompagnement tout au long de la vie, le soutien à la scolarisation en milieu ordinaire et la continuité des parcours scolaires des personnes avec autisme. Les étudiants avec syndrome d’Asperger continuent d’avoir des besoins durant leurs études (besoins de repères fonctionnels et spatiaux dans les locaux de l’université, besoins d’explicites dans les attendus des professeurs et des devoirs à rendre, de communiquer avec leurs pairs, d’aide pour la recherche de stages et l’organisation du travail, de sécurité face aux nombreuses situations inconnues qui se présentent, de prise en compte de leurs particularités sensorielles).

Comment l’université peut-elle mieux accompagner ces étudiants ? Pour les jeunes avec déficience intellectuelle, au-delà de 18 ans, la continuité des apprentissages scolaires est compromise. Pourtant, certains jeunes sont toujours dans une dynamique d’apprentissage et pourraient vouloir poursuivre leur scolarité. L’université peut-elle accueillir ces jeunes pour continuer leur parcours scolaire, et sous quelle forme ? Dans un cas comme dans l’autre, un service extérieur, fut-il un SESSAD, ne peut à lui seul soutenir tous ces besoins. L’université, déjà présente sur certains points, pourrait intervenir directement pour soutenir le besoin de repères, le besoin d’explicite dans les apprentissages, le besoin de communication et de prise en compte des particularités par l’octroi de tuteurs parmi des étudiants (avec  complément de formation pris en compte dans leur parcours)…

Cette table ronde, initiée par le laboratoire PSITEC, vise à examiner la faisabilité de poursuivre l’accompagnement pour favoriser la continuité de la scolarisation des jeunes en situation de handicap (avec syndrome d’Asperger et avec déficience intellectuelle) avec les moyens de l’université, en lien avec les partenaires impliqués dans l’orientation, le suivi et l’insertion professionnelle de ces publics (CRA, CLRP, relais handicap de l’université, inspection académique du Nord/ l’Education Nationale, UDAPEI, réseaux associatifs, etc.).  Elle permettra d’être force de propositions pour l’accompagnement effectif des étudiants en situation de handicap dans les universités lilloises.

Vidéos de la même Collection