Analyser les processus de création musicale-William Kinderman

William KINDERMAN (Univ. of Illinois, Urbana-Champaign) : « Genetic Criticism (« critique génétique ») as an integrating Focus for Musicology and Music Analysis
Programme détaillé
Les œuvres d’art sont comparables à des icebergs : ce que l’on en voit n’est qu’une petite partie du tout. L’œuvre d’art pourrait donner l’impression d’exister dans un splendide isolement, mais c’est une impression trompeuse. L’approche qu’en propose la critique génétique s’oppose nettement à la focalisation du formalisme sur le texte seul et à sa faible appétence pour l’étude des questions de
processus créateur, de peur de se retrouver embourbé dans ce que l’on est convenu d’appeler l’« intentional fallacy ». Si les études littéraires se sont détournées de ce genre de formalisme depuis plusieurs décennies, son influence s’est fait sentir plus durablement dans le domaine musicologique. Récemment, la réévaluation grandissante des études de contextualisation et du caractère problématique de la notion de texte unique et définitive a exercé un impact bienvenu, suscitant des démarches prometteuses qui intègrent étude des sources et interprétation analytique, explorant la signification esthétique des œuvres d’art au sein d’un champ contextuel riche.
Ces études du processus créateur fournissent un bon antidote à la fragmentation de la musicologie en sous-disciplines cultivant chacune sa méthodologie. Après un bref retour sur les études beethovéniennes – passage obligé des études de génétique musicale –, j’examinerai des exemples tirés d’une part de Brahms et de Wagner, d’autre part de Bartók et de Kurtág, dessinant la continuité d’une tradition musicale d’Europe centrale dont la vitalité ne se dément pas depuis plus de deux siècles.

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